lundi 15 juillet 2013

4 jours vers le spectaculaire salar d'Uyuni

On se devait de quitter la Bolivie après avoir vu le salar d'Uyuni tant attendu. On opte pour le tour de 4 jours au départ de Tupiza qui nous permettra de parcourir plus de 1 200 km dans l'altiplano, avec en apothéose le lever du soleil sur le salar le dernier jour. Notre équipe se compose de Jamie Penkethman, un fort sympathique anglo-jamaicain de New York que l'on a rencontré à Sucre, et de Lukas, un jeune autrichien polyglotte. Coté staff, on est conduit par notre chauffeur et mâcheur de coca "no pasa nada" Alvaro qui nous sert aussi de guide et de dj (ce qui n'est pas sa principale qualité avec au menu Kjarkas, Yarita Lizeth et autre mix années 80's) et accompagné de notre cuisinière et ingénue Miguelina.

Le 1er jour, on traverse les magnifiques paysages de far-west de Tupiza avant de monter vers l'altiplano où commence notre orgie de lamas. Le premier (et seul) accroc aura lieu en fin de journée avec la panne d'un autre véhicule d'agence qui nous a bloqué 2 heures. Nous avons repris la route de nuit, au beau milieu des étoiles et en face à face avec la lune.

Vous voyez les cow-boys en fond ?


On ne s'en lasse pas des
ces petites bêtes

Mais tu vas où comme ça ?

Ils nous font le coup
de la panne

Le 2ème jour, on reprend la route avec de magnifiques paysages de lacs gelés sur fond de montagnes enneigées. Notre première halte nous permet de nous reposer dans des eaux thermales à 40° (ce qui nous a permis d'utiliser pour la deuxième fois du séjour notre maillot de bain...) puis on attaque la montée à 5 000 mètres pour aller observer un magnifique champ de geysers. Pour terminer la journée, on se permet un coucher de soleil au pied de la "laguna colorada" et ses timides flamands roses. Après cette journée où on en prend plein les yeux, on trouve notre refuge glacial où la température atteindra - 18 ° la nuit... Notre duvet, nos 5 couettes et notre bouillotte arrivant à peine à nous réchauffer.

Allez, fais pas ton timide !

Les routes d'altitude

Lionel n'a pas fumé à 5 000 m...

... c'est juste un geyser

La bien-nommée laguna colorada

Pose pour nous petit lama !

Le 3ème jour, on déroule encore des kilomètres pour observer de magnifiques lacs d'altitude au pied des volcans, dont un magnifique lac peuplé de flamands, cette fois beaucoup moins timides. On fait également la connaissance des "suri", sorte d'autruche d'altitude, avant de rejoindre notre hôtel de sel où, moyennant 10 bolivianos, on peut se prendre un filet de douche chaude. Nous partageons 3 bouteilles de vin rouge et un peu de rhum avec nos compagnons de voyages pour nous réchauffer avant la nuit glaciale.

Le désert de pierre

Non non, ce n'est pas une
carte postale !


En route vers le salar

Enfin, l'apothéose est sans doute le lever du soleil sur les étendues blanches du salar d'Uyuni. Le lever à 5 h du matin nous pique les yeux mais on est ébahi devant le spectacle de l'aube sur l'île aux cactus où l'on peut observer les magnifiques couleurs éclairant les montagnes au loin. S'en suivra une série de photos "locas" comme ils disent, où à défaut d'être inspirés, on s'est amusé comme des petits fous. 

Whaou !

Y a de quoi avoir le sourire !

Notre parking

Y a du sel dans le salar...

Après ces 4 jours, on a rarement pu observer autant de magnifiques paysages qui nous ont permis de compenser les fraîches nuits en altitude. Notre équipe a aussi été géniale et ces 4 jours resteront parmi les temps forts du voyage. Maintenant, place au repos...

mardi 9 juillet 2013

Potosi ou deux jours au pied du Cerro rico

A 5 passagers, plus deux mignons morveux sur les genoux de leurs jeunes parents édentés, nous faisons la route de Sucre jusqu'à Potosi. Nous avons du mal à apprécier les paysages de l'altiplano entre deux virages serrés pris violemment par notre "taxi express", qui nous poussent à encore plus de promiscuité avec nos voisins et font sortir de leur torpeur nos abdominaux.

A l'approche de Potosi, le Cerro Rico apparaît: la colline est éventrée de toutes parts par les 5 siècles d'extraction du précieux minerai d'argent, qui a fourni les porte-monnaies des Espagnols et d'une grande partie de l'Europe, puis la république bolivienne jusqu'au 20 siècle. 
Aujourd'hui, le sommet ressemble à un tas de sable retourné, aux couleurs orangées et grises. 

Toujours ce maudit "cerro rico"
en fond


A Potosi, on peut imaginer la richesse et la splendeur connues par la ville à l'époque coloniale. Elle était l'une des plus peuplée du monde au 16e siècle. Pourtant, la ville, à 4 100 mètres d'altitude, est glaciale et régulièrement battue par la pluie et le vent.

On vous l'a dit qu'il faisait froid !

Pour le touriste, Potosi est l'occasion de visiter les mines du Cerro. Aujourd'hui, les mineurs sont organisés en coopératives et proposent aux gringos de descendre dans les multiples tunnels pour observer et partager la journée des mineurs, dynamite à la main et bottes de caoutchouc aux pieds. Retour au 19e siècle garanti.
Malgré notre intérêt pour la cause ouvrière et Emile Zola, nous avions décidé depuis Sucre de ne pas descendre dans les mines. Claustrophobie et petit problème éthique cumulés, notre décision fut vite prise. Nous vous encourageons cependant à regarder le film "La mine du diable" qui permet de se rendre compte des conditions de travail des mineurs, qui travaillent souvent dès le plus jeune age.

Nous avons cependant visité le fameux "Palacio de la moneda" où furent frappées les monnaies espagnoles puis Boliviennes pendant des siècles. 700 mètres carrés d'industrie: fours, laminoirs, frappe. La fabrique d'argent de tout l'Occident du 16e au 19e siècle.
Nous apprenons ironiquement qu'aujourd'hui, la monnaie bolivienne est fabriquée en France pour les billet et au Canada pour les pièces.

La Moneda
et une des multiples églises

Et une des déco' en argent massif

Et encore une église

Et encore de la déco'

Une maison coloniale,
témoin de la richesse passée

dimanche 7 juillet 2013

Sucre ou la belle (Boli) vie !

Ces 5 jours passés à Sucre ont été pour nous une pause détente, avant d'accélérer pour le dernier gros mois du voyage qui nous mènera jusqu'aux rives de Rio de Janeiro.
Notre hôtel, la Dolce Vita, nous a offert une terrasse ensoleillée pour prendre les petits-déjeuners, une chambre de plus de 3m² et une douche avec "agua caliente". Ça peut sembler ennuyeux mais ça nous a fait du bien. Après une grasse matinée, nos journées se limitaient à déambuler au rythme bolivien dans les rues de la "ville blanche", visiter un des musée et à prendre notre temps dans des cafés et des restaurants.

L'animation classique
sur la place centrale

Chapeau melon et sandales de cuir

Une rue de la "ville blanche"



La Bolivie étant le pays où la vie est moins chère (désolé Intermarché mais tu as usurpé ton slogan), on n'a plus à affronter tous les deux jours les distributeurs de billets verts et se perdre dans les rayons de supermarchés pour trouver de quoi se sustenter. Il suffit de s'asseoir et de demander le menu... 
On a aussi beaucoup apprécié le marché, qui comme bien souvent en Bolivie, nous offre notre dose de couleurs, de saveurs et d'odeurs (pas toujours ragoûtantes par ailleurs).


Le landeau bolivien

Une vendeuse de "papas"

Allez, faites pas les timides !

On se devait de prendre notre dose de jus de fruits frais quotidiens, voire de s'attaquer à la montagne "ensalada de fruta", col de 3ème catégorie qui débute par un coulis de dulce de leche et de la chantilly farcie de pommes, kiwis, ananas, fraises et oranges et qui se termine par un demi-kilo de yaourt assorties de bananes, papayes et melons... Aucun gringo ne parvient à mener l'ascension de cette montagne sans risquer des ballonnements.

Un bon jus de fruits
et à la sieste !

Rosario, notre faiseuse de jus



La montagne "ensalada de fruta"

mardi 2 juillet 2013

Cochabamba !

Non, il ne s'agit pas d'une injonction populaire pour inviter à danser la salsa ou à se descendre quelques verres de chicha (alcool de maïs). Cochabamba est le nom de la ville d'un peu moins d'un million d'habitants, au sud-est de La Paz, où nous avons choisi de faire étape avant de décider la suite de notre itinéraire bolivien. Nous y avons passé trois jours reposants en compagnie de Kelly et Christina, deux sympathiques gringas que nous avions laissées à San Pedro

Nos 2 charmantes gringas au petit déj'.
Appréciez aussi notre volume capillaire

L'attrait principal de Cochabamba est son marché immense : la "cancha" où l'on se perd dans un dédale étroit et surpeuplé d'étales. Section hygiène corporelle, section couture où s'alignent des rangées de vielles singers à pédales, coiffeurs, viande (pas fraîche) et marmites géantes... il y a tout ce qu'on peut rechercher si l'on a le courage de faire face à la foule et aux odeurs âcres de certains rayons ; on comprend mieux pourquoi messieurs Leclerc et Carrefour n'ont pas encore percé en Bolivie !

Une bolivienne s'est glissée dans les oranges,
sauras-tu la retrouver ?

Le rayon sieste et casseroles 

Des tripes ou des baskets ?

Le salon Juan Luis David de Cochabamba

Hmmm sexy ces petits jupons

Pour tous les amateurs de flûte de pan électro

Et dire qu'ils ont même pas de figolu !



Nous avons aussi pu observer et partager les occupations banales de cette métropole où il fait une température printanière toute l'année et où les habitants sont sympathiques: bons restaurants, terrasses de cafés, mall - où nous sommes allés voir le dernier film de zombies en 3D avec Brad Pitt (on a craqué mais on a regretté!) -, promenade dominicale au soleil des familles aisées qui baladent leur 4X4.
Bref, ce fut une pause agréable, où nous nous sommes sentis un peu moins gringos.

Un plat bolivien digne de Maité : le "lomo borracho"

Après ces 3 jours reposants, on quitte Cochabamba direction Sucre après un bain de foule monumental à la gare routière. On sait où sont les 1 million d'habitants, ils attendent dans la cohue leur bus du dimanche soir... La nuit dans le bus n'a pas non plus été de tout repos : vieilles odeurs de bouquetin qui émanent des boliviens, film projeté à 100 décibels et routes "rebondissantes" qui ont fortement perturbé notre sommeil.

dimanche 30 juin 2013

Une semaine dans la jungle amazonienne ou notre première noyade du voyage !

Après ce long mois de froid dans les hauteurs péruviennes et boliviennes, c'est avec entrain que nous nous levons à 5h du matin pour nous rendre à l'aéroport militaire de La Paz en direction de la jungle amazonienne. Notre coucou nous attend bien sagement sur le tarmac, prêt à embarquer une vingtaine de gringos en quête d'animaux sauvages et d'humidité.

Notre coucou en voie de décollage... ?


Le lancement des hélices est prévu pour 7h30 et on patiente devant un maté de coca quand "l'hôtesse" vient nous annoncer que nous avons une demi-heure de retard en raison des conditions météorologiques. Rien de grave mais on aperçoit nos bagages vidés de l'avion et attendant tranquillement dehors... Mais voilà "l'hôtesse" revenue à l'attaque pour nous annoncer qu'on décollera à 9h, puis 10h, puis midi... Tout le monde est étonnamment calme car on savait bien qu'en choisissant la compagnie TAM (Transporte Aero Militar de Bolivie), on s'exposait à ce genre de contre-temps. 
Finalement à midi, "l'hôtesse" annonce que nous sommes encore en retard et qu'à 2h nous aurons une réponse définitive, à savoir si notre vol est annulé ou si on prend les airs. 2h arrive et aucune nouvelle... C'est alors qu'on apprend que nous partons à 3h30. Haaa après tant d'attente, notre coucou est prêt à décoller. FAUX ! On attend toujours sans plus de nouvelles puis à 4h30, on nous annonce qu'on décolle dans 10 minutes... REFAUX ! En fait on nous dit d'attendre le colonel Villaroel qui va nous expliquer la situation. 
Nous voilà donc écouter sagement le colonel qui nous dit à 5h (soit après 11h d'attente) que le vol est annulé et que l'on doit se rendre en centre-ville pour se faire rembourser le billet. On enfourche donc un taxi et on arrive à l'agence pour s'entendre dire que l'on ne peut nous rembourser que 70 % du billet... soit 50 euros et une journée de perdue. Après 2 heures de "négociations" avec un colonel qui nous avance comme argument qu'il a 45 ans, que dans aucun pays du monde on ne rembourse des billets d'avion, que les autres avions ont pu décoller car ils sont plus gros... Devant tant de mauvaise foi et de considérations, on décide juste de les faire chier jusqu'à la fin mais rien n'y fait.
Excédés, on décide de quitter au plus vite La Paz mais le bus de nuit pour Sucre vient juste de partir... On se réfugie dans un hotel recommandé par deux compères danoises, le "Wild Rover". Celui-ci est en fait une auberge-usine à gringos ricains qui passent leurs journées à bouffer des burgers, jouer au billard et s'avaler des shots...
BREF ce fut bien une journée de m..... et c'est sans regret que l'on quitte La Paz.